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Nature et Zen

Le dopage, une pratique très dangereuse pour la santé

  • Par mico-jul
  • Le 28/04/2020
  • 0 commentaire

Ce dopage qui pollue le sport

 

A quand le retour d'un sport sain ?

En préconisant la légalisation du dopage, certains dirigants veullent réduire les inégalités dans le monde sportif. Mais en traquant le dopage, il s'agit aussi de préserver la santé des athlètes.

«La meilleure attitude à adopter est d'accepter le dopage. Et tout le monde aura droit à la potion magique.» En une phrase dans Le Monde , l'ancien champion de tennis Yannick Noah a lancé ce week-end un pavé dans la mare du monde sportif. Il a cependant omis de prendre en compte l'aspect sanitaire du dopage. Les substances qui sont interdites par les autorités sportives ont des effets secondaires graves sur la santé. Si le lien entre dopage et maladie est très difficile à établir, de nombreuses études ont relevé des corrélations qui laissent peu de doutes aux spécialistes, même en absence de preuves formelles.

L'affaire du Calcio à cet égard est édifiante. Les statistiques révélées par le procureur turinois Raffaele Guariniello montrent que les footballeurs professionnels qui ont joué dans le championnat italien entre 1960 et 1995 ont 2 à 10 fois plus de risque de développer des maladies graves ; le nombre de cancers est deux fois plus élevé pour eux que dans la population italienne normale. Surtout, les anciens joueurs du Calcio ont 7 fois plus de risque d'être atteint par la maladie de Charcot, une dégénérescence du système nerveux irréversible qui tue en quelques années. Parmi les facteurs à risque se trouvent entre autres l'usage des corticoïdes et des anabolisants.

Pour Patrick Laure, médecin spécialiste des conduites dopante, «on a montré des liens entre la prise prolongée et à forte dose de stéroïdes anabolisants et le cancer du foie, voire du colon. D'autres cas suggèrent que la testostérone à forte dose et prise par voie orale favorise le cancer de la prostate», avait-il dit à Libération . Lors de l'annonce de son cancer en 2009, l'ancien cycliste Laurent Fignon avait évoqué le lien possible avec la prise d'amphétamines lors de sa carrière, même si cela n'avait pas pu être prouvé par les médecins.

Les médicaments sont détournés par les sportifs

 

Les médicaments qu'utilisent les sportifs pour se doper sont tous autorisés par les autorités sanitaires. L'érythropoïétine, ou EPO, a ainsi été développée pour aider les malades souffrant de déficience rénale. Les sportifs l'ont alors détourné de son objectif initial pour l'utiliser comme dopant. Pris pour un usage autre et en quantité, le médicament devient dangereux.

Le cas de l'éphédrine est par exemple symptomatique. Cet alcaloïde est présent dans certains produits contre le rhume et l'asthme. Prise pure, l'éphédrine augmente la vigilance et repousse le seuil de la douleur. Comme c'est un coupe-faim, elle est aussi très prisée des personnes qui veulent perdre du poids. L'éphédrine est pourtant très dangereuse: elle provoque des hémorragies cérébrales, des troubles psychiatriques ou des troubles cardiaques mortels. Malgré ces dangers, plusieurs athlètes ont été testés positifs cette année à l'éphédrine, dont une vice-championne du monde ukrainienne de biathlon. Steve Bechler, 23 ans, joueur de baseball professionnel américain, est mort en 2003 à cause de l'éphédrine, comme c'est écrit sur le rapport d'autopsie. Mais aux États-Unis, ce complément alimentaire est encore en vente libre sans ordonnance.

Le dopage touche de plus en plus les jeunes

Les molécules fabriquées pour doper les sportifs se trouvent partout : un produit à la testostérone, mis au point pour les autorités sportives par un vétérinaire est-allemand avant la chute du mur, a reçu une autorisation de vente aux États-Unis et est disponible sur internet. Les dangers de la prise de testostérone en dehors d'un cadre médicale sont pourtant parfaitement connus. Parmi les athlètes féminines de RDA qui en ont pris, l'une, Heidi Krieger, a du changer de sexe, d'autres sont devenus stériles ou ont eu des enfants très lourdement handicapés.

Promouvoir le dopage donne l'impression qu'il n'est qu'un problème d'égalité entre compétiteurs alors qu'il s'agit d'une question de santé publique, dont les effets se font ressentir bien au-delà des cercles sportifs professionnels. En 2007, une étude faite dans les Vosges montraient que 4% des moins de 14 ans pratiquant une activité sportive extrascolaire avaient utilisé dans les six derniers mois un produit dopant interdit.

Les institutions sont aussi responsables d'un certain laxisme : en France un sportif qui échappe un jour à un contrôle intempestif sera inquiété par sa fédération ; au Brésil, Cesar Cielo, champion olympique du 50m nage libre testé positif au Furosémide, un diurétique permettant de cacher d'autres substances, n'a eu qu'un avertissement. Ce médicament peut pourtant provoquer des troubles cardiaques très graves et tuer le patient en cas d'effort violent. Pourtant, quelques semaines après le test, Cielo a participé, comme si de rien n'était, aux championnats du monde à Shanghai.

Pour en savoir plus la liste des médicaments et des substances dopantes, cliquez ici

 
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